Challenge #1 : Les Mille et un contes

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  Voici le premier article que je rédige au sein de notre petit challenge à mon amie Cocolanoix et à moi. J’ai proposé à Cocolanoix de participer aux articles et de partager elle aussi son avis sur les livres choisis au fur et à mesure de l’année. Elle a accepté pour notre plus grand plaisir !

   En cherchant un recueil de contes d’une culture étrangère, je suis tombée sur cette magnifique édition présentée par Seuil de Contes des sages de Mongolie, retranscrits par Patrick Fishmann et G Mend-Ooyo. Je n’ai lu que six de ces récits, mais je les ai tous beaucoup appréciés : « Khori Thumed et la femme-cygne », « l’histoire du garçon Shalou », « La fille qui devint rocher », « Le cerf et le chameau », « La complainte du chamelon blanc » et « Le barde au cheval ailé ». C’était vraiment agréable de se plonger dans ces petites histoires mêlant merveilleux, amour perdus et animaux parlants.

  Ces récits, voguant entre la légende et le conte, sont poétiques et très doux. Ils m’ont emmenés loin de mon fauteuil le court instant qu’ils duraient. Certaines histoires sont assez drôles, tandis que d’autres empruntent un ton beaucoup plus tristes. J’ai énormément apprécié la douceur qui régnait dans plusieurs de ces contes, notamment dans « La complainte du chamelon » et dans « Khori Thumed et la femme-cygne ». L’écriture est elle aussi délicate et légère, accentuant le fait que ces légendes sont faites pour être racontées. Une grande oralité se dégage donc du recueil et j’avais l’impression très agréable d’écouter quelqu’un me raconter une histoire.

  De plus, le livre en lui-même renforce le merveilleux des récits. En effet, de très belles illustrations accompagnent les contes. Elles m’ont fait penser aux anciennes estampes japonaises. J’ai eu alors la sensation de rentrer au seuil d’un autre monde plein de magie et de poésie. Soudainement, j’étais redevenue une enfant émerveillée.

   J’ai aussi bien apprécié le fait que les récits soient assez courts, permettant une lecture rapide entre deux romans ou juste avant de se coucher. Je pense que le conte que j’ai préféré est celui qui cloture le recueil : « Le barde au cheval ailé ».

   Ce joli recueil plaira sûrement à tout le monde.

 L&C

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   J’ai choisi de lire les contes de Hans Christopher Andersen et en ces temps d’hiver, mon choix s’est naturellement porté vers La reine des neiges et autres contes. Ce sont les premiers contes du célèbre danois que je lis et je suis loin d’être déçue ! Néanmoins, il ne s’agit pas d’une plongée dans le cœur des glaces comme je m’y étais préparée-bien au chaud sous la couette. Son écriture souffle comme une douce brise printanière. J’ai trouvé la féérie douce et subtile. Ses héroïnes, contrairement à celles d’autres conteurs, ne sont pas passives… bien au contraire ! Elles incarnent des valeurs, certes classiques pour le genre, telles que le courage, la patience, la fidélité… L’écriture, bien qu’il s’agisse d’une traduction (car je ne lis pas le danois) est très agréable, ni trop sobre ni trop ampoulée. Il y a beaucoup d’images, métaphores et autres comparaisons sur la nature qui donnent une dimension poétique à ces histoires. La morale de ces récits n’est pas lourde et pesante, mais plutôt sensible et juste. J’ai trouvé tous ces contes empreints d’une grande légèreté et pleins de belles valeurs. Ils pourront, la nuit tombée, fermer les yeux des plus petits comme des plus grands !

Cocolanoix

Un challenge thématique, des livres et une nouvelle année

   Début janvier, avec une de mes amies, on s’est concocté un petit challenge pour toute l’année 2017. Je me suis donc dit que faire un article pour vous le présenter et ensuite rédiger des articles spéciaux pour chacun des livres lus au fur et à mesure serait intéressant. Ce challenge a pour but de nous faire découvrir de nouvelles choses et de se pencher sur des genres littéraires qui ne font pas forcément partis de nos habitudes de lecture.

   A chaque mois de l’année on s’est choisi un thème pour lequel on lira chacune un livre de notre choix. Le fait qu’il n’y ait qu’un seul livre par mois permet de ne pas se mettre la pression, surtout en période de cours et d’examen, tout en nous poussant à prendre du temps pour soi et pour nos lectures personnelles. Ainsi voici notre petite sélection thématique, avec les très jolis intitulés de mon amie :

Janvier : Les Mille et un contes

Février : L’amour donne des ailes

Mars : Après vous Madame (Il faut alors se choisir un livre écrit par une femme)

Avril : Les « Barbares » (Toutes les oeuvres étrangères)

Mai : On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans (Un livre sur le thème de l’enfance ou de l’adolescence)

Juin : Wall-E (Il faut se tourner sur une oeuvre sur les robots ou de science-fiction en général)

Juillet : Dessine-moi un mouton (Les bandes dessinées et les romans graphiques sont à l’honneur)

Août : Preux chevaliers et nobles dames

Septembre : Le siècle des Louis (Une oeuvre écrite pendant le célèbre siècle des Lumières)

Octobre : Fais-moi peur!

Novembre : Acadabra! (Lorsque la magie s’en mèle…)

Décembre : Père Noël, racontes nous une histoire

   Bien évidement, les thèmes peuvent être déclinés en fonction des envies de chacun et chacune. J’ai hâte de le compléter au fur et à mesure! Dites moi ce que vous en pensez et si ce petit challenge vous tente.

L&C

 

Un pied robotique, une princesse perdue et de la mécanique

A New Beijing, Cinder est une cyborg. Autant dire une paria. Elle partage sa vie entre l’atelier où elle répare des robots et sa famille adoptive. A seize ans, la jeune fille a pour seul horizon les tâches plus ou moins dégradantes qu’elle doit accomplir pour ses sœurs et sa marâtre.
Mais le jour où le prince Kai lui apporte son robot de compagnie – son seul ami -, le destin de Cinder prend un tour inattendu. La forte attirance qu’éprouvent le beau prince et la jeune cyborg n’a aucune chance de s’épanouir, surtout que le royaume est menacé par la terrible reine de la Lune !
Débute alors pour Cinder une aventure incroyable, où elle découvrira que le sort de l’humanité est peut-être entre ses mains.

   Après en avoir entendu parler un peu partout en bien, j’avais très envie de lire Cinder de Marissa Meyer, ainsi que l’ensemble de la série. Un mélange des contes de mon enfance et de science-fiction ? J’étais curieuse de savoir ce que cela pouvait donner. Donc, lorsque le livre a été annoncé comme la lecture de janvier du book club Le club des rats de bibliothèque, j’ai été ravie et j’ai sauté sur l’occasion pour l’emprunter à la médiathèque. J’ai apprécié ce premier tome, bien qu’il ne m’ait pas transporté et, qu’au final, il n’ait rien d’exceptionnel. Je l’ai trouvé sympathique et l’assimile à une lecture détente.

   Le gros point positif de ce roman, c’est le fait que la réécriture du conte de Cendrillon en elle-même soit très bien faite. Les éléments clés du conte sont très bien utilisés au sein de l’intrigue principale. L’auteur a su se les approprier d’une manière bien à elle, parfois un tantinet ironique comme la scène du bal où Cinder est loin d’être la plus belle ou l’élément du pied robotique à la place de la pantoufle de verre, qui m’a plutôt bien plu. Ainsi, la réécriture en soi est très bien pensée et c’est ce que j’ai préféré découvrir. L’intrigue principale, le fil rouge que l’on voit se mettre en place dans ce premier roman et qui continueras très certainement de se développer dans les prochains, est l’élément qui coince un peu. Dès le début on devine l’élément le plus important sur lequel repose tout ce premier tome, ce qui est légèrement embêtant dans l’appréciation de la lecture. Si cela avait été partie intégrante du conte d’origine, le manque de subtilité et de suspense aurait peut-être été plus facile à comprendre. Cependant, malgré le fait que l’on devine à peu près toute l’intrigue du livre, je voulais tout de même voir comment cela allait se mettre en place, notamment autour des éléments du conte d’origine, qui sont eux très bien menés. C’était alors tout de même plaisant de lire ce livre, bien que le plaisir soit un peu détaché et que l’histoire en elle-même ne me transcende pas par sa simplicité et sa transparence.

   Les personnages, bien qu’ils ne soient pas énormément creusés et complexes, sont aussi un atout de ce premier tome. Ils sont attachants et n’ont pas du tout la dimension agaçante qu’aurait pu leur donner le statut de personnages de conte. Ainsi, ils sont tout de même nuancés et agréables à suivre. Le fait que la relation entre Cinder et le prince Kaito ne soit pas pleine de niaiserie est aussi un élément qui m’a agréablement surprise. J’avais très peur du personnage du prince, mais il s’est révélé intéressant au fil des pages. Celui de Cinder aussi m’a bien plu : on retrouve la jeune fille un peu soumise à sa famille adoptive et rêveuse du conte, mais elle sait aussi prendre ses décisions et faire preuve de courage. J’ai apprécié le fait qu’elle ne tombe dans aucun extrême, ni complétement fragile et soumise, ni rebelle badasse qui fonce dans le tas. Cela la rend beaucoup plus authentique et réaliste. J’ai bien aimé la reine Levana aussi, qui est, elle, le reflet parfait de la méchante reine et sorcière qui peuple beaucoup de contes. On ne sait pas grand-chose d’elle ; elle est cruelle pour le simple plaisir d’asseoir son autorité et ça me va. Sa figure menaçante et la présence tout le long du roman de la lethumose, une maladie mortelle, donne à l’univers de l’auteur un côté froid et dur qui n’est pas sans faire penser à la cruauté qui ressort des véritables contes d’origines.

  Ce qui m’a pas mal déçue c’est l’univers. J’ai trouvé le monde de Cinder très intéressant mais pas assez creusé. J’aurai aimé qu’il soit bien plus exploité et surtout bien plus décrit. L’intrigue se déroule dans une ville immense, mais on n’est vraiment familiarisé qu’avec trois lieux : l’appartement de la famille adoptive de Cinder, son établi où elle reçoit ses clients et le palais, surtout via les laboratoires. Alors je sais que dans les contes, les lieux sont censés être flous pour renforcer le côté merveilleux et magique ; cependant l’auteur nous fait miroiter un univers qui pourrait être complexe et très bien construits avec un système et une histoire propre à lui, mais on en voit que de légers éléments. De plus, ce rapprochement entre le monde du roman et le conte me semble un peu douteux, car le merveilleux n’est pas franchement présent. Les « pouvoirs » des Lunaires sont expliqués en termes assez scientifiques, et à part cela aucun signe évident de magie. Tout est un minimum expliqué, étant donné que ce n’est plus seulement un conte, mais surtout un roman. Je pense donc que la construction de l’univers aurait pu être un peu plus aboutit. Cependant, ce n’est qu’un premier tome et peut-être que cette dimension est plus développée dans les prochains romans.

   Le style est assez bien construit sans être recherché. Il n’est, à mon sens, pas particulier ou marquant. Je n’ai pas trouvé de plume bien définie propre à l’auteur qui aurait permis de la démarquer et qui aurait pu jouer dans la construction de son univers. Cependant, l’écriture est fluide, très agréable et rapide à lire. Je ne me suis pas ennuyée une seule fois pendant ma lecture et on se laisse prendre assez facilement.

   Cinder fut donc une lecture très sympathique le temps d’un week-end détente. J’ai hâte de découvrir l’appropriation des autres contes par Marissa Meyer, bien plus que l’intrigue principale. Je recommande ce livre à toute personne appréciant les contes ou une lecture sans prise de tête.

L&C