Un témoignage, un peu d’égoïsme et beaucoup d’enfance

Ecrits d’après les histoires vraies d’Esther A., Les Cahiers d’Esther nous plongent dans le quotidien d’une fille de 10 ans qui nous parle de son école, ses amis, sa famille, ses idoles.
Que sont Tal, Kendji Girac ou bien les têtes brûlées ? Quels sont les critères de beauté que doivent avoir les garçons et les filles pour être populaires ? Comment fait-on quand on a des copines plus riches que soi ? Qu’est-ce que le petit pont massacreur ? Comment les attentats du 7 janvier ont-ils été vécus dans la classe d’Esther ? Comment faire quand on a peur d’avoir des gros seins ?

J’avais déjà pu apprécier le travail de Riad Sattouf avec Les Pauvres Aventures de Jérémie. C’est donc avec enthousiasme que je me suis plongée dans la vie de la petite Esther âgée de neuf ans. Et j’ai vraiment aimé! On redécouvre l’enfance au fil des expériences de la petite fille. A chaque page, une nouvelle mésaventure qui rythme l’enfance est racontée par Esther elle-même. Elles sont très souvent drôles, parfois légèrement choquantes et quelques fois attendrissantes. Ainsi, des sujets de toute sortes sont abordés ; certains sont délicats (comme les réactions face à l’homosexualité, le racisme ou encore le suicide) ; et d’autres complètements liés à l’intimité familiale d’Esther. J’ai trouvé particulièrement intéressant le fait qu’Esther revienne sur des jugements faits à la va-vite pour suivre ses camarades et finit par remettre en question des actes et des paroles sans réflexion.

Le monde d’Esther, sa famille, son école et ses vacances m’ont rappelés ma propre enfance. Avec ses belles découvertes, ses questions perpétuelles mais aussi ses plus ou moins grandes méchancetés. En effet, les « jolies petites têtes blondes » font parfois preuves de cruauté et ce n’est pas omis du témoignage! Et la petite héroïne de ce livre ne fait pas exception à la règle. Ainsi, elle est souvent superficielle et égoïste. Cependant, cela ne m’a pas empêché de m’attacher à elle. J’ai même réellement apprécié ce côté. On y retrouve l’enfance en entier, les belles choses autant que les petites erreurs auxquelles l’ignorance peut mener. Mais, le jugement et le cynisme n’est pas de mise dans le ton de Sattouf et ces erreurs sont toujours mises en avant avec légèreté et sans défaitisme, ce que je salue.

Les dessins sont assez simples. Beaucoup de textes les accompagnent et on se concentre sur les paroles simples d’Esther. La façon de parler de la petite fille m’a beaucoup fait pensé au petit Nicolas, et cela m’a beaucoup fait sourire. Cette bande dessinée se dévore avec facilité et avec un véritable plaisir.

L&C