Challenge #3 : Les « barbares »

   Pbm_CVT_LImmeuble-Yacoubian_7523our le challenge du mois d’avril, j’ai lu avec plaisir L’immeuble Yacoubian de Alaa El Aswany. J’ai beaucoup aimé ce roman, de plus en plus au fur et à mesure de mon avancée dans le récit.

   Le récit croise une multitude de personnages dont le point commun est leur vie commune dans l’immeuble yacoubian. Cette pluralité de voix apporte réellement une richesse dans la narration ainsi qu’un rythme qui permet au lecteur de ne jamais s’ennuyer. De plus, tous les personnages sont très intéressants et apportent chacun une vision très différente les uns les autres du Caire et de la vie qui l’anime. J’ai vraiment aimé ce côté-là. On a alors une grande dynamique dans l’intrigue, qui est constituée de multiples petites histoires personnelles influant plus ou moins sur les événements politiques rythmant la vie de l’Egypte. Je me suis bien entendu plus attaché à certains personnages qu’à d’autres mais j’ai aimé suivre l’évolution de tous. J’ai vraiment beaucoup aimé les personnages  de Boussaïna et de Zaki, qui, à la fin, ont apportés une grande douceur. Celui de Malak et sa façon de réussir à s’emparer de tous les biens immobiliers qu’il désire. Mais j’ai aussi pu détester le personnage d’Azzam, que j’ai trouvé horrible. J’ai donc pu ressentir un panel large d’émotions pour ces personnages. Ils évoluent tous de manière complexe et riche ; on découvre peu à peu les différentes facettes de ces personnages. Cependant, je finissais par souvent mélanger les personnages à cause de leur grand nombre.

   Les thèmes abordés sont aussi très intéressants et bien menés. La religion, radicale ou non ; le harcèlement sexuel ; le manque de liberté sexuelle ; l’homophobie ainsi que les conflits perturbant la vie de l’Egypte pendant la seconde moitié du XXe siècle apparaissent tous à travers les multiples personnages. La place des femmes est également évoquée. Le récit est purement observateur de la société égyptienne à travers les habitants de l’immeuble, aucun ton moralisateur ne transparaît, ce que j’ai beaucoup apprécié. Le ton est parfois tendre et drôle et souvent mêlé de mélancolie et de tristesse.

   Cependant, la traduction a un peu gêné ma lecture. En effet, des oublis de mots ainsi que des répétitions un peu lourdes sont souvent survenus dans le texte. Mais à part ça le style est fluide et très agréable à lire ; même s’il n’est pas particulièrement transcendant, à mon sens.

   Je conseille cette lecture enrichissante à tous ceux voulant voyager à travers une lecture qui apporte tout un panel d’émotion.

L&C